Anti-sèche

Comprendre ce qu'est une démarche d'éco-conception 

Pour comprendre la notion d’éco-conception, il est essentiel de situer le contexte économique dont elle est issue : l'économie circulaire.

Le modèle économique actuel, dit linéaire - qui consiste à extraire des ressources, les transformer en produits ou services, consommer, puis jeter - a atteint ses limites et n’est pas soutenable dans le temps. Face à ce bilan, l’économie circulaire vise à optimiser la gestion des ressources - matières et énergie - afin d’économiser la consommation de matières premières.

C’est un modèle qui prend en compte trois champs : la production et l’offre de biens et services ; la demande et le comportement du consommateur ; la gestion des déchets. L’économie circulaire repose sur 7 piliers (détaillés dans le schéma ci-contre) dont l’éco-conception.

De nombreuses définitions de l’éco-conception existent. D’après l’AFNOR (Association Française de Normalisation), l’éco-conception consiste à « intégrer l’environnement dès la conception d'un produit ou service, et lors de toutes les étapes de son cycle de vie ».

L’ADEME (Agence De l'Environnement et de la Maîtrise de l'Energie) complète cette définition en indiquant que l’éco-conception a aussi « pour objectif la réduction des impacts environnementaux […] à service rendu équivalent ou supérieur ». L’objectif d’une démarche d’éco-conception est en effet de diminuer l’impact environnemental de l’entreprises tout en s’assurant de ne pas dégrader la performance de ses produits et/ou services. L’outil privilégié pour mettre en place une démarche d’éco-conception est l’analyse du cycle de vie.

Les approches à l'éco-conception

La première est l’approche multi-étapes ou cycle de vie. Les concepteurs sont invités à élargir leur vision et prendre en compte toutes les étapes du cycle de vie (de l’extraction des matières jusqu’à la fin de vie) afin d’avoir une vision globale des enjeux liés à l’environnement, à la qualité, à la faisabilité technique, aux coûts …

La seconde est l’approche multi-critères, par impact environnemental. Les flux entrants (de matière et énergie) et les flux sortants (déchets, sous-produits, émissions atmosphériques, effluents liquides) doivent être identifiés tout au long du cycle de vie afin d’avoir une vision précise de leurs impacts environnementaux : consommation d’énergie, d’eau, de matières premières, production de déchets, émissions dans les milieux naturels, …

Ces deux approches amènent à la notion de transfert d’impact, communément nommée « fausse bonne idée ». Ainsi, lorsqu’une action environnementale est effectuée à une étape du cycle de vie, il n’est pas exclu que des effets négatifs se répercutent à une autre étape. C’est pourquoi il est nécessaire d’avoir une vision globale du cycle de vie et de ses impacts.

Les niveaux d'éco-conception

Une démarche d'éco-conception peut se décomposer en quatre niveaux. Chaque niveau dépend de l’ampleur des changements observés sur le produit (innovation), du temps nécessaire à la démarche, et du gain en éco-valeur (gain d’impact et de service rendu).

  • Niveau 1 : Agir sur les matériaux et les composants.
  • Niveau 2 : Agir sur l'architecture du produit.
  • Niveau 3 : Réaliser un saut technologique, de nouvelles fonctions, de nouveaux usages.
  • Niveau 4 : Changer de business model.

Bien entendu le premier niveau est le plus accessible, c'est un équilibre qui optimise le temps passé, les changement réalisés sur le produit et le gain estimé. En revanche, les autres niveaux relèvent davantage d'une vériatable éco-innovation et impliquent une réelle modification du produit voire du service rendu.

Pourquoi se lancer dans l'éco-conception ?

Initier et développer une démarche d’éco-conception peut s’avérer très bénéfique pour une entreprise :

  • gain de compétitivité ;
  • facteur d’innovation ;
  • réduction des risques ;
  • construction d’un capital immatériel ;
  • amélioration de l’éthique ;
  • prise en compte d’enjeux stratégiques.

Ces bénéfices peuvent s’exprimer aussi bien à court qu’à long terme et concerner des parties prenantes internes et externes de l’entreprise (fournisseurs, collaborateurs, clients, ...)

A partir de ces éléments, une cartographie des bénéfices de l’éco-conception a été réalisée pour permettre aux entreprises de positionner leurs motivations et convictions. Cette cartographie est disponible dans Le Guide de l’éco-innovation de Hélène TEULON.

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