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Monoprix : la stratégie matière au sein de la démarche RSE

05 .11.2020

Stratégie guidée par la traçabilité et les matières biologiques

Stratégie guidée par la traçabilité et les matières biologiques

Pouvez-vous nous résumer votre démarche ?

Monoprix a été la première enseigne généraliste à s’emparer des défis du développement durable dès 1990, en proposant des produits issus de l’agriculture biologique pour l’alimentaire. Dans une démarche d’amélioration continue, nous appliquons depuis lors la même stratégie pour nos produits textiles. 

Aujourd’hui, nous tentons de structurer les nombreuses initiatives qui émergent de nos services pour rendre notre démarche RSE plus lisible et structurée. Nous avons donc décidé de formaliser nos engagements et objectifs jusqu’en 2025 au sein d’une Feuille de Route RSE globale, actuellement en cours de réécriture.

Quelle a été votre méthode de travail ? Ses différentes étapes ?

Pour nos textiles, nous privilégions au maximum les matières biologiques, dont nous pouvons assurer la traçabilité.

Nous sommes aussi allés plus loin dans les mesures fortes en accord avec nos valeurs : dans un souci de préservation du bien-être animal, nous ne proposons pas d’angora dans nos collections depuis 2016, ni de mohair depuis 2020. Par ailleurs, nous n’utilisons pas de duvet issu du plumage vivant d’oies ou de canards dans la fabrication des produits et nos partenaires doivent être conformes au standard RDS.

Nous développons également des produits labelisés OEKO-TEX® afin de garantir que nos collections ne contiennent aucun agent chimique nocif pour l’Homme.

Depuis 2000, Monoprix mène des audits environnementaux et sociaux chez ses fournisseurs en grand import (hors Union Européenne) pour accompagner et responsabiliser nos fabricants.

Aujourd’hui, notre démarche a conduit à une grande exigence. Par exemple, le premier critère lorsque Monoprix collabore avec un fournisseur est sa capacité à proposer des produits durables.

 

Avez-vous rencontré des freins ? Lesquels ?

Monoprix est un grand groupe : il y a un vrai enjeu de communication interne afin d’encourager l’action.

Le frein économique existe néanmoins : il faut savoir aligner ses objectifs environnementaux sur les objectifs financiers de l’entreprise. Passer en « tout biologique » sur un produit donné représente un coût additionnel. Nous avons la chance chez Monoprix que, jusque dans une certaine mesure, nous nous donnons les moyens d’atteindre nos ambitions pour un produit de meilleure qualité. Les équipes de création de collection n’ont par exemple pas uniquement des objectifs économiques mais également environnementaux, comme par exemple l’incorporation de matières premières à impact climatique faible.

L’identification de labels fiables constitue une vraie difficulté également. Comment avoir les garanties ? Comment repérer les dérives ? Nous manquons de guide officiel pour recenser les labels les plus fiables.

 

Quels ont été les leviers de réussite ?

Le département RSE de Monoprix a une vraie influence : il peut tout à fait décider d’arrêter de collaborer avec un fournisseur si celui-ci ne répond pas à nos exigences. Le poids du service RSE, dont les actions sont portées par la direction générale, permet une mise en mouvement rapide des initiatives.

De plus, tous les services de l’entreprise sont alignés autour des valeurs Monoprix.

Nous avons des bureaux dans toutes les zones géographiques dans lesquelles nous sommes implantés. Cette configuration favorise un lien constant avec nos fournisseurs, notamment grâce à nos équipes qualité qui font le relai, sur le terrain.

 

Réfléchissez-vous à des pistes d'amélioration ?

La feuille de route RSE va donner une impulsion supplémentaire à notre démarche.

L’un de nos objectifs d’amélioration est de proposer à notre clientèle une offre de textiles en coton 100% biologique d’ici 2025. Aujourd’hui, nous sommes entre 70% et 80% de nos textiles en coton biologique. Les 20% à 30% restants sont les plus compliqués à passer en biologique et constituent donc un véritable défi.

Enfin, le dernier enjeu est celui de la proximité. Nous avons une part d’achats lointains (grand import) qui génère un bilan carbone conséquent. En favorisant le transport ferroviaire et maritime, le service import travaille déjà beaucoup sur la réduction de notre impact. Ainsi, l’objectif est de gérer le « post acheminement » (depuis les ports jusqu’à l’entrepôt) uniquement via des solutions éco-responsables (train, barges, et camions au gaz naturel) et de restreindre au maximum l’usage de l’aérien.

L’idéal serait de faire venir nos matières et produits de lieux plus proches. Nous voudrions donc basculer la plus grande part possible de notre production en proche import (Europe, Maghreb et Moyen-Orient). 

 

Merci à Ludovic MEENS, Sourcing Manager chez Monoprix.

Contact : ddurable@monoprix.fr

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